Signé par Antoine Grosjean, Tribune de Genève 

La consommation  électrique des serveurs a été réduite de 70%. D’autres entreprises, voire l’Etat, pourraient suivre.


L’utilisateur lambda n’en est généralement pas conscient, mais les réseaux informatiques sont de véritables gouffres à énergie. Tant Internet que les réseaux d’entreprise génèrent en effet de coûts cachés. Car s’ils constituent un environnement virtuel, leurs bases de données n’en sont pas moins hébergées sur des serveurs bien réels, qui consomment de l’électricité.


Mais il est possible de rendre ces «data centers» bien moins gourmands. En partenariat avec IBM, les Services Industriels de Genève (SIG) viennent ainsi de réduire la consommation électrique du leur de 70%. Soit une économie de 400 mégawattheures par an, l’équivalent de ce que consomment 100 ménages. «Cela a été possible grâce à de simples mesures de bon sens», note Christian Brunier directeur des services partagés aux SIG.  D’une part, la ventilation a été revue au lieu de refroidir tout le local abritant les serveurs on se concentre sur ces derniers qui se trouvent désormais dans une espèce d’armoire «réfrigérante». D’autre part, l’évolution technologique aidant, l’alimentation électrique des machines a pu être centralisée, et leur nombre drastiquement réduit :


grâce à des processeurs plus puissants chaque serveur physique peut faire tourner vingt serveurs virtuels.


Les SIG ont investi 200 000 fr. dans ces travaux. «Avec les économies d énergie cela sera rentabilisé en trois ou quatre ans», se félicite Christian Brunier. Au passage, l’espace occupé par les serveurs informatiques a été divisé par deux.

«Plus de 2 de la consommation mondiale est imputable à l’informatique»

IBM et les SIG vont proposer aux entreprises et aux collectivités d’auditer leurs «data centers» afin d’en optimiser consommation électrique. L’Etat pourrait être intéressé. «La plupart des «data centers», datant d’une époque où l’on se souciait moins d’économiser l’électricité, sont obsolètes et très gourmands en énergie, explique Patrick Hendier, directeur d’IBM en Suisse romande. Réduire leur consommation est un des principaux axes stratégiques d’IBM. Plus de 2 de la consommation mondiale d’électricité est imputable à l’informatique.

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